Cher investisseur indépendant,
Il y a 2 ans, je faisais du kayak face… au détroit d’Ormuz !
C’était encore possible côté Oman à Minjil Beach, au sud du détroit. Et d’ailleurs, le paysage y est extraordinaire. Il n’y a qu’à regarder autour de soi pour contempler les siècles.

Moi et mes pieds, perdus dans une anse de Minjil Beach
Flottant sur cette péninsule coincée entre les Émirats, face à l’Iran et au Pakistan (et surmontant les réserves colossales d’hydrocarbures saoudiens), j’ai pensé à l’époque :
« Il ne faudrait pas que ça dérape, ici. »
Visiblement, cette pensée n’a pas effleuré Trump. Vous connaissez la suite, et le chaos permanent engendré en bourse depuis fin février.
Face à l’échec d’une solution rapide dans la région, et à l’incertitude que cela ajoute sur les marchés, il me paraît indispensable d’avoir une stratégie d’investissement orientée « cash ».
Car l’heure n’est plus aux espoirs sur la valorisation de telle ou telle entreprise de la tech (même si elles restent incontournables).
Il me semble également exclu d’acheter des ETF globaux sur l’idée que « de toute façon, ça monte toujours ».
Non, quand la turbulence est la règle, le cash-flow est votre meilleur allié. Dividendes, loyers, intérêts, rachats d’actions, primes d’OPA, réduction de capital… Actuellement, celui qui gagne est celui qui encaisse.
Et je vous reparlerai de ma stratégie pour encaisser dans la semaine.
Mais avant ça, je vous raconte l’histoire du Roi Noir et du Roi Vert ; à savoir le baril de pétrole et le dollar US.
Car en 2026 (et comme toujours), ce sont encore eux qui gagnent.
La presse financière se pose la mauvaise question
En étant obsédée par la fin du conflit en Iran, la presse me rappelle l’histoire du sage qui pointe la lune et du fou qui regarde son doigt.
À tous les égards, la fin rapide d’une guerre est évidemment souhaitable. Mais si demain, les USA annoncent un accord définitif et qu’ils retirent leurs troupes, et que par miracle Israël s’aligne, ça n’arrangera pas nos perspectives économiques.
Bien sûr, si la guerre prend fin et que le détroit d’Ormuz est définitivement libéré, on peut s’attendre qu’en 3 à 6 mois, le trafic mondial de pétrole reprenne sa vitesse de croisière.
Et on peut même estimer que le baril redescendra entre 60$ et 80$, son niveau structurel depuis 5 ans, si on exclut l’invasion de l’Ukraine.
Et si le baril de pétrole redescend, tout le monde pourra souffler (industrie, transport, particuliers) puisqu’on paiera l’énergie moins cher à la source.

L’inflation dure toujours plus longtemps que la flambée du pétrole
Sauf qu’on ne peut pas oublier l’épisode ukrainien. La mémoire des marchés est même assez décevante car on a derrière nous un cycle de 4 ans auquel on peut s’attendre à nouveau.
Déjà, vu l’enlisement de la guerre en Ukraine, on peut se dire qu’un conflit au Moyen-Orient risque de durer plus longtemps que prévu.
Pour une raison simple : Israël et les USA ne sont pas alignés sur leurs objectifs. Israël voudra toujours plus éradiquer la menace du régime des mollahs – comme il essaie d’éradiquer le Hamas. Les USA, eux, veulent juste contrôler la zone.
Mais surtout, même si le baril baisse, le coup est déjà parti.
En 2022, le baril a mis 10 mois à redescendre de 120$ à 80$. Ce qui veut dire qu’en 10 mois, la hausse du prix du pétrole a eu le temps de se diffuser à tous les niveaux de l’économie réelle. Et c’est ce qui risque à nouveau de se produire.
D’abord, pour le pétrole brut, le gaz et le pétrole raffiné. L’impact est direct pour les transports, l’agriculture (gasoil et engrais azotés). Se chauffer et se nourrir coûte immédiatement plus cher.
Ensuite, pour les industries, qui voient le prix de leurs intrants augmenter : logique, puisque le transport coûte plus cher, le fret coûte plus cher, la logistique coûte plus cher, la distribution coûte plus cher, et ainsi de suite.
La hausse se répercute ainsi sur les prix de vente des biens, et donc des services. Au bout de la chaîne, les salariés négocient des hausses de salaire et les propriétaires des hausses de loyer. Comme en 2022 et 2023, quand on subissait +5.5% d’inflation réelle par an.
Pourtant le baril avait baissé, non ? Oui, mais c’est trop tard : qui acceptera de baisser ses prix entre le salarié, le propriétaire, l’industriel, le transporteur, etc ? Aucun.
L’inflation est là et c’est la pire qui soit. Ce n’est pas une inflation liée à la création de richesse, ni liée à la création monétaire. C’est un choc d’offre, comme en 1973.
C’est la fin du premier chapitre : « l’or noir fait toujours la loi. »
La Fed et la BCE peuvent-elles « torturer » l’économie ?
Pour moi, c’est la vraie question.
Parce que face à l’inflation, normalement vous devriez être rassurés : les banques centrales ont pour seul mandat de lutter contre et de la maîtriser.
Rappelez-vous 2022, les banques centrales ont relevé les taux d’intérêt, une thérapie de choc : de 0% à 4%. Le but c’était de calmer la surchauffe : tout le monde payait plus pour tout, ce qui accentuait le choc d’inflation amené par l’embargo sur le pétrole et le gaz russe.
La BCE et la Fed ont augmenté le prix de l’argent, et ça s’est à peu près arrangé en 2 ans. Mais la différence, c’est qu’à l’époque il fallait vraiment calmer la surchauffe liée à la frénésie de consommation en sortie d’économie confinée.
Aujourd’hui, pas de surchauffe (au mieux, c’est tiède). Donc si les banques centrales relèvent les taux, elles n’ont aucune garantie que ça baissera vite le cours du baril.
Au mieux, ça risque de casser la croissance déjà très fragile en Europe. Et donc de nous faire entrer en récession – ce qui pourra avoir un effet sur le pétrole, à horizon 18 mois.

Le dilemme de Madame Lagarde à la BCE
Mais peuvent-elles se le permettre ?
Aujourd’hui, les banques centrales financent des déficits budgétaires. Leur modèle depuis 2008 consiste à créer de la monnaie plus vite que la richesse n’est créée (avec des taux d’intérêt inférieurs au taux de croissance du PIB).
Et elles ont donc tendance à baisser les taux, pour stimuler l’économie. Mais aussi pour emprunter plus facilement, pour payer les retraites, les fonctionnaires, l’appareil et les infrastructures d’État.
Donc il faudrait en même temps augmenter les taux pour endiguer l’inflation, mais ne pas oublier de les baisser pour financer les déficits.
Torturer une croissance déjà moribonde pour calmer l’inflation… qui ne vient pas de la croissance.
Tout le problème est de savoir combien de temps les banques centrales peuvent tenir avec des taux relevés.
En réalité, je n’en sais rien. Et c’est à ça qu’on reconnaît les bonnes questions.
Mais j’ai un plan.
Une bonne et une mauvaise nouvelle
Nous rentrons dans un paradigme où les banques centrales n’ont réellement aucun pouvoir. Elles subissent la loi numéro 1 de l’économie : le prix de l’énergie.
Et comme ça monte, les banques centrales vont avoir tendance à monter leurs taux, en tout cas à ne pas les baisser (comme c’était attendu par tout le monde en 2026).
La mauvaise nouvelle, c’est que les taux d’intérêt élevés plaisent aux banques « normales ». Et que les banques sont les seules interlocutrices des banques centrales.
Donc on peut s’attendre à ce que JPMorgan, Bank of America, Citigroup, Morgan Stanley, Goldman Sachs, Wells Fargo (6 des 10 plus grosses banques au monde sont américaines) fassent pression sur la Réserve Fédérale pour maintenir un taux d’intérêt élevé.
Ce qui enrichira d’autant les banques US, mais aussi l’État fédéral américain, en faisant remonter le dollar. Le voilà, notre deuxième roi : pour l’instant c’est toujours le dollar qui gagne.
C’est le dollar qui gagne et souvent, c’est l’euro qui suit comme un bon chien. Donc si vous aviez des ambitions d’emprunt ou d’achat à crédit, attendez un peu.
Et si vous avez des investissements sensibles aux taux d’intérêt (tech, croissance), bon courage.
Mais la bonne nouvelle, c‘est qu’on a « le manuel du chaos des marchés » depuis 20 ans.
(On a sauvé les banques en 2008, on a sauvé les monnaies en 2015, on a sauvé le monde en 2020, qu’est-ce qui peut nous faire peur ?)
Plus concrètement, je parle de vos investissements. Ma vision, c’est qu’il faut coupler une assurance contre l’inflation, contre la récession, et contre les probables erreurs à venir des banques centrales.
- Contre l’inflation liée à un choc d’offre sur l’énergie, ce qui a toujours marché, c’est de s’exposer au « market-makers» : majors du pétrole et du gaz. Détenir de l’immobilier, c’est aussi l’assurance de pouvoir indexer ses revenus au moins à l’inflation. Leur point commun : le versement de cash (dividendes généreux, loyers).
- Contre la récession et les taux élevés, le mieux c’est d’avoir du cash quand tout le monde en manque. Un portefeuille exposé aux utilities (distribution des eaux, enlèvement des déchets, etc.) et aux infrastructures produira du cash de manière récurrente. Data centers, gares, péages, pipelines : là encore, le point commun c’est le cash.
- Et contre les erreurs des banques centrales, je détiens de l’or physique. L’or monte quand l’argent perd de sa valeur. Vous n’avez qu’à regarder la courbe de l’once d’or depuis 5 ans. Stable en période d’inflation, exponentiel dès que les taux baissent. Où est le cash ici ? Justement, il est converti en or pour être protégé.
Je vous l’ai dit : je reviens en détail sur ma stratégie orientée cash dans quelques jours. Le but sera de vous aider à construire un portefeuille de rentes récurrentes.
C’est fondamental, pour rester indépendant.
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Felix Baron

