Cher investisseur indépendant,
La semaine dernière, j’ai dîné dans un restaurant de Genève avec 2 amis proches.
Plusieurs fois, ils m’ont demandé si tout allait bien.
Oui, tout allait bien, mais je ne suivais rien de leur conversation. Car j’étais hypnotisé par les résultats trimestriels de Nvidia qui venaient de paraître.
81,6 milliards de dollars de chiffre d’affaires ; 906 millions par jour, et ça pendant 90 jours. C’est ahurissant.
Pour une seule entreprise, qui vend à 95% de l’équipement pour data centers et des cartes graphiques.

Et les médias de grand chemin ont trouvé le moyen de titrer : « Nvidia bat les attentes… mais l’action recule. »

Comme si une baisse de – 5,8% sur 5 jours annonçait un séisme (après une hausse de + 120% en un an !).
Personnellement, je suis content pour Nvidia, mais je m’en moque un peu.
J’ai vendu mes actions depuis plus d’un an.
En revanche, ces résultats viennent de donner un signal très puissant pour tout l’écosystème IA.
Et ça change tout pour votre portefeuille.
Je vous en parle dans ce mail.
La planche à billets de la Tech
Récapitulons les chiffres hallucinants de l’activité de Nvidia du 1er janvier au 31 mars :
- Revenus : 81,6 milliards $, en hausse de 85% sur un an
- Bénéfice : 58,3 milliards, soit une marge nette de 71% – une marge de joaillier !
- Objectif pour le prochain trimestre : 91 milliards de dollars
Et, puce sur le processeur (cerise sur le gâteau) : Nvidia a annoncé un rachat d’actions supplémentaire de 80 milliards de dollars et a multiplié son dividende par 25x — de 0,01 à 0,25 dollar par action.

Une entreprise qui multiplie son dividende par 25x dit au marché qu’elle déborde de cash et qu’elle n’en finit plus d’en gagner.
Avec son monopole sur l’architecture de la puissance de calcul, Nvidia me donne l’impression d’avoir une planche à billets dans son sous-sol et de fabriquer de l’argent avec facilité.
Ce qu’il faut en retenir – pour Nvidia – c’est qu’avec autant de cash, vous êtes protégé. Si un krach arrive, si une bulle explose, Nvidia a les moyens de le vivre confortablement.
Concrètement, elle a en banque de quoi tenir 2 ans sans plus gagner un seul centime.
Et pourtant, l’action baisse doucement.
Pourquoi ça baisse
Je vais vous dire ce que j’observe depuis 20 ans sur les marchés.
Quels que soient ses résultats, une action sur ses niveaux records baisse très souvent au moment des résultats trimestriels.
C’est le cas de Nvidia, qui avait touché 236 $ le 14 mai. À ce niveau, des centaines, des milliers d’investisseurs professionnels (traders, gérants de hedge funds) vont déboucler leurs positions.
Ils passent d’une plus-value latente, à de l’argent encaissé réellement à la vente.
C’est mécanique, et souvent opéré par des algorithmes : cela matérialise leur plus-value, et cela vient nourrir leur performance trimestrielle – qui va décider de leurs bonus.
C’est aussi bête que ça et ça ne dit rien de la valeur fondamentale de l’entreprise.
Et tout ce bazar masque l’impact des résultats de Nvidia pour tout le reste du marché. Pourtant, ils sont sans doute le catalyseur d’une réaction en chaîne.
Réaction n°1 : Le rallye des indices repart
Nvidia représente à elle seule (face aux 499 autres) environ 20% de la hausse de l’indice S&P 500 depuis le début de l’année 2026.
Quand Nvidia publie des résultats qui dépassent les attentes de +4,6% — avec des objectifs encore plus hauts pour le trimestre suivant — c’est toute la thèse haussière qui est validée.
La grande peur des derniers mois, c’était : « Et si la bulle IA n’était qu’une bulle ? »
La réponse de Nvidia : 75 milliards de dollars de revenus Data Center en un trimestre.
La bulle est donc loin de Nvidia, qui indique une demande réelle, massive, et en accélération.
Le S&P 500 et le Nasdaq ont les jambes pour repartir.
Réaction n°2 : Les fournisseurs de la chaîne s’envolent
Le patron de Nvidia, Jensen Huang, l’a répété : l’IA repose sur un « gâteau à 5 couches » — énergie, puces, infrastructure, modèles, applications.
Et quand Nvidia vend 81 milliards de dollars de processeurs graphiques, quelqu’un fabrique les composants.
Ce quelqu’un, c’est TSMC à Taïwan (les puces avancées), ASML aux Pays-Bas (les machines qui les gravent), SK Hynix et Micron (les mémoires HBM ultra-rapides indispensables aux GPU).
Je vous en avais parlé dans mon mail sur le « tiercé Taipei-Séoul-Paris » : ces entreprises ne sont plus de simples sous-traitants. Elles sont devenues des infrastructures critiques de l’intelligence artificielle mondiale.
Leurs cours devraient suivre, mécaniquement. Et on le voit déjà :

Réaction n°3 : Hyperscalers, je vous absous
Depuis 18 mois, Wall Street regardait avec une pointe d’inquiétude les dépenses colossales de Microsoft, Amazon, Meta et Alphabet dans leurs data centers.
Les fameux “hyperscalers”, ces géants de la tech qui fournissent des services de cloud computing (stockage, puissance de calcul, réseaux) à une échelle gigantesque… inquiétaient les marchés.
Des centaines de milliards de dollars d’investissements. Des actionnaires qui s’impatientent. Des analystes qui s’interrogent : « Mais quand est-ce que ça rapporte ? »
Les résultats de Nvidia donnent la réponse.
Si les clients de Nvidia — qui sont exactement ces hyperscalers — dépensent en masse et sans ralentissement, c’est que leur propre demande est là. Et elle accélère.
Wall Street adore ça : valider une stratégie d’investissement par les chiffres d’un fournisseur. Microsoft, Alphabet, Meta et Amazon devraient en profiter, à plus long terme cependant.
Leurs niveaux de croissance et de marge sont moins explosifs que ceux de Nvidia, le potentiel de leurs actions l’est aussi. Mais ces hyperscalers représentent moins de risque à mon sens.
Réaction n°4 : AMD, le grand bénéficiaire discret
Il y a un paradoxe amusant sur les marchés : quand Nvidia fait un carton, son concurrent AMD monte aussi.
Parce que des résultats pareils démontrent que le marché lui-même est immense, et qu’il y a de la place pour Nvidia, et pour plusieurs acteurs.

AMD est le challenger crédible sur l’IA — avec ses puces MI300 et MI350 — et les grandes entreprises cherchent activement à diversifier leurs approvisionnements pour ne pas dépendre d’un seul fournisseur.
Les résultats de Nvidia valident donc indirectement le carnet de commandes d’AMD.
Ce que je surveille activement :
Il y a ceux qui parient sur ce qui a fait ses preuves : Nvidia, AMD, Broadcom, les hyperscalers. Pourquoi pas ? Le marché existe, mais le potentiel des actions me semble limité.
En revanche la chaîne de valeur de l’IA est un thème d’investissement pour les 5 prochaines années minimum.
Car ce que j’observe, c’est que l’objectif de 91 milliards de Nvidia pour le prochain trimestre va nourrir beaucoup de sociétés satellites, moins connues du grand public.
Et que ce marché va se poursuivre sur des dizaines de trimestres.
Vous pouvez agir maintenant, et commencer à vous faire un portefeuille de valeurs IA.
En l’occurrence, j’observe un certain nombre de transactions qui se font en toute discrétion. Bien à l’abri de l’euphorie des marchés, dans des actions que le grand public ne connaît pas.

A leur origine : des politiciens, des sénateurs, des dirigeants de la tech, des administrateurs… en bref, des investisseurs qui ont des informations privilégiées.
C’est la preuve que la machine ne ralentit pas.
Je vais vous en reparler très bientôt.
N’oubliez pas : l’investissement vous libère.

Felix Baron

