Cher investisseur indépendant,
“A vaincre sans péril, on triomphe sans gloire”
Ce vers cornélien tiré du Cid s’applique plutôt bien aux géants de l’IA.
Et particulièrement à ces 2 personnages : Danelia et Dario Amodei, frère et soeur fondateurs d’Anthropic.

Depuis 5 ans, leur jeune société (qui développe l’IA Claude) persiste dans un combat dramatique : dépenser toujours plus d’argent pour développer la meilleure technologie.
A tel point qu’après avoir perdu près de 15 milliards de dollars, le marché a fini par douter, d’Anthropic bien sûr, et aussi d’OpenAI (ChatGPT), de Microsoft, de Google, d’Amazon, etc.
Avec une question simple : va t-on retrouver un centime sur les centaines de milliards investis dans “l’IA”’ au sens large ?
Dario et Daniela sont-ils en train d’emmener le marché dans un drame ou dans une tragédie ?
Les sceptiques de la tech (il y en a, et il en faut) ont terrifié le marché, en ressortant les épouvantails de la bulle internet de 2001.
Ils ont comparé l’intelligence artificielle à ce fameux site : Pets.com !
Pour rappel, Pets.com proposait d’acheter en ligne et d’élever un animal de compagnie virtuel.
Mais ça n’a jamais gagné un seul dollar, malgré une idée sympathique et une très forte fréquentation.
Le site dépensait donc beaucoup pour attirer ses visiteurs, mais n’a jamais réussi à rentabiliser leur passage.

Pets.com : une présence précoce en ligne, mais trop peu de revenus
Et malgré son succès apparent, Pets.com a fait une faillite retentissante ; les actionnaires n’ont jamais revu leur argent.
Les sceptiques de la tech pensent donc : « L’IA, c’est le nouveau Pets.com. Ils vendent à perte, ils lèvent des fonds à l’infini, et un jour le robinet se fermera. »
Et ils ont en partie raison :
OpenAI, la société qui a créé ChatGPT, a perdu 14 milliards de dollars sur la seule année 2026.
Autant que son concurrent direct Anthropic en 5 ans !
Et ce, malgré des centaines de millions d’utilisateurs.
D’ailleurs, pour le moment, je n’ai jamais recommandé d’investir directement sur la partie “programme” de l’IA (les grands modèles de langage et chatbots).
Trop technique, trop concurrentiel, pas rentable : trop risqué.
Vous savez que je préfère de loin la stratégie “infrastructure” de l’IA (puces, data center, énergie…).
Car jusqu’à présent, c’était là qu’on trouvait des entreprises rentables.
Jusqu’à ce que je lise Le “Cid”.
Pas celui de Corneille, mais celui que mes héros d’Anthropic viennent d’atteindre :
Le Coût Informatique par Dollar.
Aussi connu comme “coût d’inférence”.
Le CID, très simplement, c’est le coût supporté par une société tech (IA, en l’occurrence) pour générer 1 dollar de revenu.
Pour faire tourner un modèle d’IA qui répond à vos requêtes, il faut payer de la puissance de calcul, de l’espace de stockage dans un data center (grosso modo).
Revenons à Anthropic.
Au premier trimestre 2026, Anthropic dépensait 71 centimes de calcul (GPU, data centers) pour générer 1 dollar de revenu.
Mais au deuxième trimestre : seulement 56 centimes.
Et là, ça change tout.
Je peux me mettre à regarder autre chose que “les pelles et les pioches”.
IA : L’heure de la grande bascule
Le discours sceptique selon lequel les géants de l’IA ne seraient bons qu’à brûler du cash n’est plus valable.
Déjà, Microsoft a prouvé avec Azure (son activité Cloud) qu’elle pouvait compter sur 100 milliards de revenus supplémentaires par an (100 milliards !)
Et surtout, Anthropic a réalisé ce que le marché ne croyait plus.
Les fondateurs Dario et Daniela Amodei viennent de publier leur premier résultat d’exploitation positif de son histoire.
C’est la première fois que l’IA “modèles et programmes”, à savoir l’IA en tant que telle – a des revenus qui couvrent ses frais fixes et ses frais variables.
En bref, Anthropic a gagné de l’argent.
Dans les détails, au deuxième trimestre 2026 :
- Revenus : 10,9 milliards de dollars (+130 % par rapport au trimestre précédent) ;
- Résultat d’exploitation : +559 millions de dollars.
“Encore heureux”, pourraient dire les sceptiques, “après tant d’années”…
Sauf que le coup du Cid, Anthropic le fait 2 ans en avance sur ses propres prévisions.
Voilà pourquoi la technologie me fascine.
Vous pouvez essayer de prévoir, vous serez toujours surpris.
Car entre nous, c’est toujours possible de présenter des résultats positifs.
Vous facturez des revenus prévus pour plus tard, vous décalez des dépenses au trimestre suivant, vous ajustez vos marges des évènements “exceptionnels”…
Il y a des artifices comptables pour ça.
Mais là, on est loin du bidouillage.
Non seulement, la demande pour l’IA d’Anthropic a explosé, mais en plus cela coûte moins cher à la société de fournir son IA.
Le rendement de chaque dollar dépensé en infrastructure informatique s’est amélioré de 21 % en trois mois.
Le “Cid” a fini par triompher (après bien des périls !).
Ce que cela change pour votre stratégie
Ceci peut vous paraître bien lointain.
Mais cette bascule est sur le point de changer la face des marchés.
Pour l’instant, je reste sur convaincu que les sociétés “pelles et pioches” demeurent une approche simple et efficace pour profiter de ce secteur en hyper croissance.
De toute manière, Anthropic et OpenIA ne sont pas cotées.
Pour un particulier, la question d’investir sur ces sociétés ne se pose pas.
Pas encore.

Mais cela devrait changer très vite :
Car Anthropic a officiellement annoncé son ambition d’introduction en Bourse (qui pourrait avoir lieu en octobre)…
Et OpenAI devrait faire une annonce similaire dans les prochaines semaines (avec une introduction en Bourse début 2027).
Je m’attends à ce que des millions de particuliers se jettent sur l’occasion pour investir sur les 2 géants de l’IA.
Mais pour moi, attendre et miser sur ces introductions en Bourse est bien trop risqué.
Il y a quelque chose de beaucoup plus intéressant à faire si vous souhaitez vous positionner sur OpenAI et sur Anthropic.
(On peut viser des plus gros rendements, en prenant moins de risques)
Je vous en reparle très vite,

Felix Baron

