Cher investisseur indépendant,
En bourse, les particuliers idéalisent toujours les “bons coups” :
« Le cousin de ma soeur a fait x2 sur Tesla« …
« Une collègue a acheté Nvidia avant tout le monde »
« Mon beau-frère a parié sur le pétrole au mois de janvier »
Mais en réalité, des « bons coups en bourse », on en parle souvent… mais qui en fait vraiment ?
Et puis, c’est facile d’applaudir les « bonnes affaires », après coup.
Mais avant de gagner de l’argent, un bon investisseur doit déjà s’assurer de ne pas en perdre.
C’est pour ça qu’au fond, je trouve qu’on glorifie trop peu les grosses pertes évitées. Je parle de l’argent gagné et sauvé juste à temps.
En voici 3 exemples, très brefs… et étonnamment coïncidents.
Tout commence en février 2026, quand plusieurs patrons de la tech et de la finance ont massivement vendu leurs actions, alors qu’ils étaient en plein marché haussier.
Début février, le patron de fonds Ian Fujiyama a vendu pour 1,4 milliard de dollars d’actions du groupe aéronautique Standardaero.

Fujiyama dirige le plus gros fonds du monde (Carlyle), et siège à de multiples conseils d’administration. Autant dire qu’il sait presque tout.
Et il n’est pas seul à vendre à ce moment-là.
Quelques jours après, Peter Thiel, légende de la tech, investisseur dans Facebook, fondateur de Paypal, a vendu 2 millions d’actions Palantir, ce qui représente 289 millions de dollars.

On pourrait s’arrêter là et croire au hasard.
Mais dans la foulée, Colette Kress, la n°2 de Nvidia et Ajay Puri, le patron mondial des opérations de Nvidia, vendaient pour 90 millions de dollars de leurs actions.

4 opérations de vente, massives (1,7 milliard $) et consécutives, en plein marché haussier. Personne ne relève ces transactions.
Et quelques jours après, “soudainement”, Trump déclenche un déluge de feu sur l’Iran.

Panique générale : sur la tech, sur l’aéronautique, sur l’énergie.
Et le marché a décroché. Des milliers de milliards se sont évaporés en quelques jours.

Les conséquences ont été désastreuses : en quelques semaines, Standardaero s’est effondrée de -26%.

Palantir a perdu -18% de sa valeur en à 12 séances boursières.

Quant au géant Nvidia, il s’est enfoncé de -26% – évaporant 1 000 milliards de dollars en quelques semaines.

Une sacrée coïncidence, ces opérations tout de même… pour des sociétés en forte croissance et aux excellents résultats.
Si Fujiyama, Thiel, Cress et Puri avaient voulu vendre juste avant la baisse du marché, ils n’auraient pas mieux fait.
Attention, je n’accuse personne de délit d’initiés (au sens pénal).
Je constate des transactions d’initiés.
Des gens, qui par leur poste, ont accès à des informations AVANT le grand public.
Des gens qui savent par exemple ce que trame l’administration Trump, ou qui ont accès aux décisions du Congrès. Et qui ajustent leurs investissements.
Et ils ne font pas de simples transactions. Ce sont de véritables signaux d’alerte.
Des signaux que de mon côté je capte, en permanence.
Quand mon algorithme personnel de suivi m’a indiqué que Peter Thiel vendait pour 290 millions de dollars d’actions, ça a clignoté “rouge vif” dans ma tête.
Quand vous avez accès à ce genre d’informations, vous comprenez qu’il se trame des choses en coulisse.
Quand 3 des plus grands dirigeants de 3 industries vendent leurs actions en même temps, c’est souvent mauvais signe.
Alors dans cette situation, je commence toujours par me poser les questions suivantes :
- Qui vend ? Et combien d’actions ?
- À quel prix par rapport au plus haut et au plus bas de l’année ?
S’il s’agit d’une vente isolée, c’est au mieux une anecdote.
Mais plusieurs ventes, dans la même quinzaine, proches d’un record historique… là, j’arrête de croire au hasard et j’enquête.
Ensuite, j’analyse et je qualifie.
- Les ventes “pilotées” des mois à l’avance n’apportent que peu d’informations. Souvent ce sont des stock options exercées.
- Mais il y a les ventes “discrétionnaires”. Réalisées au comptant, lorsque le dirigeant initié appuie lui-même sur le bouton.
Face aux ventes d’initiés, mon premier réflexe est d’aller confronter la transaction avec les résultats des entreprises concernées.
Le plus intuitif est d’aller vérifier les derniers chiffres d’affaires, de carnet de commandes, éventuellement les profit-warnings du passé…
Mais aussi (et ça, personne ne le fait) le niveau des provisions passées par la société. C’est à dire : combien de cash est mis en réserve pour faire face à d’éventuels problèmes (procès, litige, amende…).
Parce que ce genre d’information “négative” passe toujours par le comité de direction avant de sortir dans la presse.
Je vérifie aussi s’il ne s’agit pas d’une vente “opportuniste” : un dirigeant qui vend moins de 5% de ses actions profite souvent d’un cours favorable pour mettre un peu plus d’argent de côté.
Mais quand il y a trop de coïncidences, pas assez d’informations et qu’un initié vend alors que le cours de ses actions ne cesse d’augmenter…
Je vends.
Et bien sûr, si le vent tourne, je reviens.
Un patron ou un élu qui se remet à acheter au marché, une amélioration opérationnelle visible, un programme de rachats relancé et nourri : le signal s’inverse, je recharge.
Et ce n’est pas de la chance, c’est de la méthode. Quelques investisseurs professionnels sont spécialisés sur le suivi de ces mouvements d’initiés.
À très vite,

Felix Baron

