Cher investisseur indépendant,
Ça a le don de me mettre en rogne !
Je supporte mal la sur-médiatisation des augmentations de capital. On en fait trop. Comme si c’était une bonne nouvelle !
Et récemment, ça a été un festival :

Et rebelote il y a 2 semaines, Alphabet lance une augmentation de capital de 80 milliards de dollars ! Et la presse se rue sur le sujet…

Faites attention, vous êtes sans doute souvent sollicité pour ce genre d’opérations.
Car une entreprise qui augmente son capital en bourse :
(i) ne gagne pas assez d’argent pour financer son développement
(ii) n’a pas réussi à convaincre son banquier de lui prêter
(iii) réduit les parts du gâteau des actionnaires en augmentant le nombre d’actions (la dilution)
Pour le dire autrement, quand on vous demande de “remettre au pot”, c’est rarement une bonne nouvelle.
Au contraire, je vous invite à identifier les “réductions de capital”.
Car ce sont les seules opérations qui grossissent votre part du gâteau, en quelques semaines. Qui vous font vraiment gagner.
Et s’il y a un seul indicateur qui vous permet d’en profiter, ce sont les rachats d’actions.
Dernièrement, je l’ai vécu en direct avec TotalEnergies et Safran.
En effet, j’ai vu tomber, semaine après semaine, les communiqués de presse de ce type :

Pas de célébration, pas d’esbroufe, le ton est neutre : juste des achats d’actions réguliers, payés cash. Sur mon (votre) compte.
Et moi, je suis rationnel : je prends le cash.
En parallèle, ces 2 sociétés cochent toutes les cases : un carnet de commandes solide, trésorerie croissante, exécution excellente.
Face à ces rachats d’actions, ma conclusion était simple : les actions sont sous-valorisées par rapport à la qualité de l’entreprise…
…Et les dirigeants le savaient.
Alors, ils ont fait le choix que je considère comme le plus respectueux pour les actionnaires : racheter des actions à bon prix et en réduire le nombre.
Action après action, sans faire d’autre annonce que les déclarations obligatoires.
Et le marché a fini par s’en rendre compte.
Depuis mars 2026 : plus haut historique.

Ni miracle, ni coup de chance, ni hasard : ces hausses sont logiques.
C’était la conséquence visible de mois de discipline invisible.
Pourquoi ces rachats changent tout (pour vous)
Imaginez : vous êtes assis à un dîner avec 7 de vos amis, et un délicieux gâteau arrive pour le dessert. Forêt noire, opéra, baba au rhum… pensez à votre dessert favori.
Et ce gâteau tombe bien, car le repas vous a mis en appétit et vous avez gardé de la place.

Alors que votre hôte s’apprête à découper le gâteau, votre voisin de droite se lève et s’excuse : “nous devons partir avec ma femme, il faut raccompagner la baby-sitter”.
Vos amis s’éclipsent, mais votre estomac jubile : ce gâteau sera partagé non plus en 8, mais en 6 parts !
Le gâteau est le même, vous n’avez rien fait de plus, mais votre part a grossi.
En Bourse, c’est pareil : quand le nombre d’actions diminue vraiment, la part de bénéfice rattachée à chacune augmente. Et sa valeur avec.
Les rachats d’actions créent mécaniquement de la richesse pour les actionnaires. Les investisseurs adorent.
C’est ce qui s’est passé avec TotalEnergies et Safran : on retire des titres… et la Bourse remercie.
Mais attention : tous les rachats ne se valent pas. Il y a ceux qui créent de la valeur… et ceux qui en donnent l’illusion.
Dans le cas de ces 2 sociétés, j’ai vu 3 éléments qui m’ont mis en confiance :
1- La régularité : Pas de tapage médiatique ni de feu de paille. Des achats hebdomadaires, constants, au fil de l’eau.
2- Un financement sain : Total et Safran ne se sont pas endettées pour racheter leurs actions en vue de “gonfler” le résultat.
3- L’annulation : Les titres rachetés disparaissent. Le nombre d’actions baisse réellement trimestre après trimestre.
Quand ces 3 éléments s’alignent, je sais que le temps travaille pour moi.
Comment je m’en sers pour gagner (beaucoup)
Je fais toujours la même chose : je me pose 3 questions très “triviales”.
D’abord : est-ce que le nombre d’actions baisse vraiment ?
Je regarde l’historique du nombre d’actions sur 6 à 12 trimestres. Si la courbe descend à un rythme régulier, c’est bon signe.
Si le nombre d’actions stagne malgré des annonces flamboyantes, je passe mon chemin.
Ensuite : est-ce que l’entreprise peut se le permettre ?
Faire des rachats c’est une chose, mais en maintenant des investissements et un bilan qui reste sain, c’est un tour de force que peu d’entreprises réussissent.
Des rachats réalisés au-dessus des moyens finissent toujours par se voir.
Au contraire, je recommande d’investir dans un moteur qui tourne, presque en sous-régime : le cash tombe, les projets sont financés, et assez sous la pédale pour verser les dividendes aux actionnaires sans mettre la machine en danger.
Enfin : à quel prix ?
Racheter trop cher pour faire plaisir aux actionnaires, c’est détruire de la valeur par orgueil. Racheter raisonnablement quand le marché traîne les pieds, c’est du bon sens.
C’est là que l’on plante les graines de la future revalorisation.
Avec Total et Safran les trois réponses étaient claires.
Je me suis placé, je n’ai pas touché au volant, et j’ai laissé la société faire le travail à ma place.
Le résultat a été ce que l’on vient tous chercher : le marché a fini par payer plus cher ce qui valait déjà plus cher.
Le piège des faux rachats
(je vous l’évite)
Ne faites pas confiance aux communiqués de presse.
Vérifiez que les actes suivent bien les annonces.
(C’est quelque chose que je fais pour vous, au quotidien).
Parfois, des sociétés annoncent “jusqu’à X milliards” de rachats… et n’exécutent presque rien.
Parfois, elles rachètent d’une main et donnent autant de l’autre en actions gratuites à leurs dirigeants : vous croyez gagner… mais le nombre d’actions ne bouge pas.
D’autres encore s’endettent pour “faire joli” à court terme, et paient l’addition plus tard.
C’est pour ça que je suis les opérations de près, semaine après semaine.
Le seul juge de paix, c’est le nombre d’actions. Il doit baisser.
À très vite,

Felix Baron

