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Cher investisseur indépendant,

Ne pas subir”.

Ces 3 mots font la devise du Maréchal de Lattre de Tassigny – à qui on doit d’avoir hissé la France vaincue et occupée en puissance indépendante et reconnue parmi les vainqueurs en 1945

Vainqueur + indépendant = forcément, ça me plaît (et je vous raconterai pourquoi à la fin).

Avant cela, vous allez voir très concrètement comment ne pas subir la hausse… de tout

D’abord, le pétrole : je vous ai parlé vendredi dernier du couloir 90-120, on y est.

Et qui dit pétrole, dit gaz. La plupart du temps, les gisements de gaz en sous-sol sont situés au-dessus des gisements de pétrole. 

Il y a donc une autre pièce manquante qui complique le puzzle du détroit d’Ormuz.

Je parle ici du gaz naturel. Ou, plus précisément, de ce qu’il rend possible.

Et si vous vous dites : “Ça ne me concerne pas, je me chauffe à l’électricité.”

Je vous comprends. Et, en apparence, vous auriez presque raison.

Sauf qu’en réalité, le problème n’est pas votre facture d’énergie.
Le vrai sujet, c’est le prix de votre caddie… dans 6 semaines.

Et là, ça vous concerne directement.

Parce qu’au-delà de l’énergie, le gaz naturel (qui provient à 40% du Golfe Persique) sert de base à notre alimentation.

Et dans cet article, je vais vous montrer pourquoi — et surtout vers quel secteur je me tourne pour anticiper ce choc.

Votre assiette en dépend

Savez-vous à quoi sert vraiment le gaz naturel, au-delà de chauffer des logements ?

Si, comme moi, vous vous intéressez à l’agriculture, vous avez déjà la réponse : produire de l’urée 46.

Une poignée d’urée prête à l’emploi

C’est l’engrais azoté le plus utilisé au monde. Sans elle, les rendements agricoles chutent de 50 à 100 %.

C’est près de la moitié des produits en rayon qui disparaîtraient.

Or, le gaz naturel représente près de 90 % du coût de fabrication de l’urée.

Si l’on suit ce schéma :

→ Quand le gaz s’envole, l’urée suit ;

→ Et quand l’urée grimpe, c’est toute la chaîne agricole qui est sous pression… et les prix alimentaires avec.

Si l’on regarde la carte du Moyen-Orient, on voit qu’à eux seuls, l’Arabie saoudite, l’Iran et le Qatar concentrent près de la moitié de la production mondiale d’urée :

Sauf qu’aujourd’hui, les 3 sont hors jeu.

Et cela se voit déjà dans les prix : la tonne d’urée a pris +27 % depuis le début du conflit !

En 2022, ce même mécanisme avait multiplié son prix par 5.

Et si les prix de l’urée s’envolent, les agriculteurs s’adaptent : certains réduisent les doses, d’autres décalent leurs semis au pire moment du calendrier agricole (le pic des semailles de printemps).

(C’est exactement ce qui s’est produit en 2022. J’y reviens juste après.)

Sauf qu’un champ moins bien nourri au bon moment, c’est une récolte fragilisée. 

Et une récolte fragilisée… ce sont des prix qui montent, quelques mois plus tard, dans vos rayons :

La hausse des engrais (courbe bleue) précède toujours la hausse alimentaire (courbe jaune).

“J’y penserai la prochaine fois”

J’ai vérifié dans mes notes de 2022 : lorsque la guerre en Ukraine a éclaté, le prix de l’urée a grimpé jusqu’à 1 050 $ la tonne — soit une multiplication par 5 par rapport à 2020 !

En réaction, les agriculteurs ont fait ce qu’ils pouvaient : réduire les doses. 

Et quelques mois plus tard, vous l’avez vu partout dans les médias : inflation alimentaire, tensions entre producteurs et distributeurs… tout s’est enchaîné.

À l’époque, je l’ai appris à mes dépens. Et une note retrouvée dans mon carnet résume l’importance d’anticiper :

“Guerre hausse Gaz → hausse Engrais”

C’est précisément pour ça que, ces derniers jours, je n’ai pas perdu de temps.

J’ai identifié un secteur pour me protéger, encore largement hors du champ médiatique : les producteurs d’engrais.

En 2022, certaines de ces entreprises ont bondi de +100 à +180 % en quelques mois… pendant que le S&P 500 reculait de -27 % et le CAC 40 de -24 %, sous l’effet d’une inflation galopante.

Si vous me suivez jusqu’ici, vous voyez où je veux en venir : c’est une piste à considérer — ne serait-ce que comme couverture face à ce type de scénario.

En particulier, je surveille Nutrien, leader mondial de la production d’engrais (gros producteur de potasse).

Je n’ai pas acheté l’action pour le moment. Mais j’attends qu’elle achève son repli actuel (à part le pétrole et le gaz, la baisse est générale) pour voir si son prix vaut le coup.

En tout état de cause, elle est positionnée pour profiter d’une hausse du prix des engrais.

Et pour vous permettre de ne pas la subir.

Une affaire personnelle

Je reviens à de Lattre de Tassigny avec une petite anecdote.

De 14 à 18 ans, j’étais pensionnaire. Et chaque vendredi et chaque dimanche, l’autocar qui faisait la navette pour ma pension démarrait place de la porte Dauphine à Paris.

Mais le vrai nom de l’endroit est place du Maréchal de Lattre de Tassigny. Et on y trouve au centre un monument à sa gloire. Massif, imposant.

À l’arrière de ce monument, on ne voit presque plus rien aujourd’hui. La végétation a presque tout recouvert.

Mais naguère, on pouvait lire la devise en majuscules : NE PAS SUBIR.

Deux fois par semaine, sur le chemin de l’école, je lisais ces 3 mots. Ils me fascinaient par l’immense taille des lettres gravées et par la simplicité de la formule.

Et inconsciemment, cette devise m’a toujours marqué. Personnellement et professionnellement.

Être un investisseur indépendant, c’est ne pas subir.

Choisir de remettre en question “les placements préférés des Français”, c’est ne pas subir le discours lénifiant d’un conseiller clientèle.

Choisir de s’informer en amont pour avoir un temps d’avance sur le grand public, c’est ne pas subir la version unique des médias de grand chemin.

Choisir ses placements plutôt que de confier tout à un ETF, c’est ne pas subir la mode des fonds indiciels.

Je pourrais continuer longtemps. Et je partage cette anecdote de jeunesse avec vous parce que je crois que vous visez dans la même direction que moi.

Vous savez que la personne qui a le plus d’intérêt à s’occuper de votre capital, c’est vous. Tous les autres conseillers et intermédiaires penseront d’abord à eux. À leur commission, à leur pourcentage. 

En 2026, dans un contexte instable et imprévisible, ceux qui délèguent vont devoir improviser face à de mauvaises surprises.

Être indépendant n’est plus un choix. C’est la seule façon de ne pas subir.

Comptez sur moi pour tenir bon à vos côtés.

Felix Baron