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Cher(e) membre du Club,

J’ai modifié son prénom (et les photos), le reste est du vécu récent.

C’est d’ailleurs peut-être une histoire qui vous est arrivée, si vous aimez les métaux précieux… ou si vous essayez d’anticiper sur la baisse des marchés.

Voici Pascal : cet investisseur n’est plus un débutant. En janvier, face à l’envolée parabolique du cours de l’once d’argent (+105% en 6 semaines !) Pascal s’est dit que quelque chose clochait. 

“Le loup de Wall Street… c’est moi !”

Il avait en partie raison : après 3 ans d’inertie entre 20 $ et 30 $, l’once d’argent s’est emballée entre août 2025 et janvier 2026… avec +250% d’augmentation (une multiplication par 3,5x) !

(Au passage, cette trajectoire n’avait rien à voir avec le parcours de l’or sur les 3 dernières années)

Évolution du cours de l’once d’argent sur les 3 dernières années

Et les arbres ne montant pas jusqu’au ciel, Pascal a donc parié sur le retournement de l’argent métal.

Jusqu’ici Pascal avait tout bon. Et la journée du 30 janvier lui a donné raison, avec une baisse de 40% de l’once d’argent en dollars.

L’argent s’est effondré, exactement comme il l’avait prévu, et malgré ça : il n’a pas gagné un seul euro.

Pascal a appris à ses dépens une règle d’or de l’investissement : avoir raison et gagner de l’argent, c’est très différent.

Mais revenons sur ce qui s’est passé.

Étape 1 : voir le problème arriver

Je l’ai précisé : l’argent métal est passé de 32 $ à 121 $ l’once, soit +250 % en 6 mois.

Pour vous donner une idée : c’est comme si le prix du litre d’essence passait de 1,80 € à 6,30 € entre septembre et mars.

À Shanghai, les investisseurs chinois faisaient littéralement la queue pendant des heures devant les comptoirs de métaux précieux. 

Tout le monde voulait de l’argent, partout, en même temps !

C’est pourquoi, des investisseurs comme Pascal se sont dit : 

« C’est le sommet. Ça va craquer. »

Et ça a craqué.

Le 30 janvier, l’argent a chuté de 40 %, passant de 121 $ à 73 $ en une seule séance.

Graphique de l’argent : une bougie = 2 heures

Étape 2 : ne pas lutter contre le problème

Revenons à Pascal.

Il n’est pas idiot, il a vu les files d’attente à Shanghai, il a vu les 250 % de hausse et il s’est dit : 

« Je vais en profiter mais dans l’autre sens ! »

Pour ça, il a utilisé un produit très connu : le ProShares UltraShort Silver (ZSL)

Un outil efficace, mais à double tranchant.

Quand l’argent baisse de 1 % dans la journée, ZSL monte de 2 %… un pari à la baisse, avec un effet multiplicateur.

Persuadé que l’argent va chuter, Pascal achète ZSL le 23 janvier (une semaine avant le krach). 

Excellent timing, non ?

Sauf que pendant cette semaine, l’argent a encore pris de la valeur, Pascal s’est retrouvé avec une perte de 23 % avant même que le krach ne commence.

Le jour J arrive, l’argent s’effondre, ZSL remonte mais pas assez pour effacer les dégâts.

Au bout du chemin, Pascal se retrouve perdant avec un timing quasi parfait…

Même après sa forte hausse, le ZSL demeure en territoire négatif.

Et s’il avait acheté le 9 janvier ? 

Dans ce cas, il aurait affiché – 44 % au moment du krach — soit près de la moitié de sa mise — et ce, malgré le plus gros effondrement de l’argent en 46 ans.

Vous l’aurez compris, le piège, c’est l’effet de levier : les pertes creusent un trou que les gains ne comblent jamais (ou rarement). 

C’est mathématique et c’est impitoyable.

Étape 3 : s’asseoir et attendre

Alors, que retenir de la mésaventure de Pascal ?

→ Première règle : ne pariez jamais contre un marché haussier.

Pour être transparent, j’ai essayé à mes débuts de “shorter” le CAC 40 (parier à sa baisse) – j’ai dû réussir 20% de mes tentatives. Si je devais recommencer, j’attendrais d’être dans un marché déjà baissier (ce qui n’est pas arrivé depuis 4 ans). 

→ Deuxième règle : l’effet de levier est un accélérateur… dans les 2 sens.

Et n’oubliez pas que pour effacer une perte de -25%, il faut ensuite gagner +33% dans l’autre sens. Les pertes que vous acceptez aujourd’hui sont des boulets pour vos performances demain.

→ Troisième règle : la simplicité bat toujours la complexité.

Les investisseurs qui s’en sont le mieux sortis ont fait 3 choses simples :

  • Ils ont allégé leurs positions quand la hausse devenait excessive – sans chercher à vendre au plus haut ;
  • Ils ont placé des ordres de protection (des « stop-loss » dans le jargon) pour limiter la casse en cas de retournement ;
  • Et surtout, ils n’ont pas essayé de jouer contre la tendance.

Plus vous cherchez à avoir raison, plus ça vous coûte cher. Les investisseurs qui s’en sortent le mieux sont ceux qui acceptent de ne rien faire quand c’est la meilleure chose à faire.

Et en l’occurrence, je finirai par un mot sur l’or (qui concernera ceux qui en détiennent) : en ce moment, j’accepte de ne rien faire.

Et ça me réussit bien.

Je vous reparle très vite.

D’ici là, visez juste et placez bien.

Felix Baron