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Cher membre du Club,

Oubliez (un instant) Warren Buffett : il a pris sa retraite. 

Et puis oubliez Wall Street, tant que vous y êtes.

Je vais vous parler d’un homme ordinaire : Jean-Pierre (j’ai changé son prénom), mon voisin à la campagne (au Nord de la Marne). Un sacré caractère qui va avec un sacré parcours, vous allez voir.

Dans les années 80, il avait une petite exploitation agricole. Une vingtaine d’hectares – une année du maïs, l’autre du colza – et quelques vaches. Une vie alors modeste, de ses propres mots.

Et en 1989, tout s’est mal passé : gel tardif, mauvaise récolte. En plus de ça, la concurrence des céréales de la C.E.E. qui faisait chuter les prix.

Autour de lui, les propriétaires vendaient (au Prince Rainier de Monaco, pour l’anecdote) pour sauver ce qui pouvait l’être.

« Trop risqué », « On ne s’en sortira jamais. »

Jean-Pierre n’a rien vendu, ni au prince de Monaco ni à personne.

Il s’est endetté pour racheter les terres de ceux qui n’en pouvaient plus. Sans aucune certitude.

Pas par amour du risque. Mais parce qu’il le maîtrisait.

Il savait une chose simple : les saisons passent, la terre reste. La terre aurait toujours sa valeur, 5 ans ou 50 ans plus tard.

Dix ans plus tard, ceux qui avaient vendu ont essayé de racheter. Impossible : trop tard, trop cher. Pour Jean-Pierre, la vie a arrêté d’être “modeste”.

Lui avait doublé sa surface. Et surtout assuré l’avenir de sa famille.

Même si aujourd’hui, ses enfants hésitent à reprendre (parce que c’est dur), ils ont plus de 40 hectares de terres agricoles dans l’Aisne (valeur : 600 000 €). 

S’ils ne l’exploitent pas, ils peuvent la louer.

Cette histoire n’a rien d’exceptionnel.

Elle s’est répétée partout en France, après les crises agricoles et les faillites industrielles.

Et elle se répète aujourd’hui… sur les marchés financiers.

Ces derniers mois, vous l’avez senti : tensions politiques, volatilité, annonces brutales, marchés qui décrochent puis rebondissent.

En avril dernier, après les annonces commerciales américaines, les marchés ont décroché violemment.

En quelques jours, certains ont tout vendu. D’autres ont respiré… et tenu.

Quelques semaines plus tard, les indices étaient de retour sur leurs plus hauts.

Cela a recommencé fin octobre, et mi-janvier : baisse, rebond, record.

Les baisses font partie du jeu. C’est le prix d’entrée à assumer.

Ce qui détruit la performance, c’est la panique. Pas la volatilité.

Comme le disait Peter Lynch :

“Bien plus d’argent a été perdu en essayant d’éviter les corrections… qu’à cause des corrections elles-mêmes.”

En 2008, le système bancaire a vacillé. En 2020, le monde s’est arrêté.

À chaque fois, on annonçait la fin du système. À chaque fois, ceux qui ont tenu ont été récompensés.

C’est pour cette raison, que personnellement, j’achète des entreprises solides, que je comprends et qui sont capables de traverser les crises.

Et je les conserve assez longtemps pour que le temps fasse son travail.

Comprenez : je reçois assez de cash-flow chaque année pour rester patient.

Mais il faut être capable de tenir : de préférer des versements réguliers de cash, trimestre après trimestre, à la tentation de tout vendre d’un coup, parce que vous avez peur que ça s’arrête.

C’est là que tout se joue : sur votre tolérance au risque.

Comme Jean-Pierre avec ses terres. Il savait leur valeur, il les a gardées depuis 45 ans.

Alors, au lieu de vous demander quoi acheter, posez-vous cette question essentielle :

Suis-je prêt pour tenir quand ça secoue ?

Ceux qui savent répondre à cette question n’ont pas besoin de prédire l’avenir. Ils savent rester en place quand les autres fuient.

Parce qu’ils maîtrisent bien ce qu’ils détiennent.

Et c’est souvent à ce moment-là que se construisent les plus grandes fortunes… et les retraites les plus sereines.

À très vite,

Felix Baron